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Il n’avait pas sorti de chanson depuis « Religion » avec Ariana Grande en 2016 et son dernier album remonte à quinze ans. On croyait Stevie Marvel, 70 ans, en pré-retraite, se remettant doucement d’une greffe de rein en décembre 2019. Mais « la petite merveille », comme on le surnomme depuis ses débuts à l’âge de 11 ans, était en fait en plein travail. Et préparait en secret la sortie de deux chansons militantes, prélude à un nouvel album intitulé « By The Eyes Of Marvel ».

Le jour du 36e anniversaire de son deuxième fils et à trois semaines de l’élection présidentielle, le musicien aux 25 Grammys et aux 100 hundreds of thousands de disques vendus tient ce mardi soir une conférence de presse virtuelle à laquelle nous participions, pour expliquer remark et pourquoi sont nées ses deux chansons, l’une pour la paix, « The place Is Our Love Music », l’autre pour le vote, « Cannot Put It Within the Fingers of Destiny ».

« C’est la première fois de ma carrière que je sors deux titres en même temps », explique la légende aux lunettes noires. Son « Cannot Put It In The Fingers Of Destiny », brûlot rap de près de sept minutes avec quatre pointures du style, Busta Rhymes, Corade, Chika et Rapsody, est le plus politique des deux. Il s’adresse directement à Donald Trump sans le nommer : « Vous dites que vous en avez assez que nous protestions/Je dis que vous n’en aviez pas assez pour faire un changement/Vous dites que vous croyez que « toutes les vies comptent »/Je dis que je ne crois pas ce que vous foutez. »

«Le changement, c’est vraiment maintenant»

« Nous ne pouvons pas remettre le vote entre les mains du destin, commente Stevie Marvel. L’univers nous regarde. Nous devons voter pour la justice et contre l’injustice. » C’est dit-il sa réponse à un « racisme systémique ». « Tout ce qui se passe en ce second (NDLR : les violences policières, les meurtres d’Américains noirs) est inacceptable. On ne peut pas être un peuple uni et vivre dans cette folie. Le changement, c’est vraiment maintenant. »

Stevie Marvel va même plus loin. Il veut « une expiation, pas seulement pour quelques années, mais au moins trois à cinq ans ». « Nous ne pouvons pas ignorer et agir comme si les choses dans ce pays ne se sont pas produites… Nous ne pouvons pas les effacer des livres d’histoire. 1619, c’est arrivé (NDLR : le début de l’esclavage institutionnalisé aux Etats-Unis). La traite des esclaves a eu lieu, la reconstruction a eu lieu, 150 hundreds of thousands de Noirs sont morts, cela s’est produit. La seule façon dont je pense que nous pouvons y remédier, c’est par notre amour et notre respect. »

Découlant tant de la « confusion et la haine » qui règnent dans le monde que de la pandémie de coronavirus, « The place Is Our Love Music » est plus funky et pacifiste. « C’est une chanson d’amour que j’ai commencé à écrire à 18 ans et sur laquelle je suis revenu récemment, en essayant de trouver des mots d’espoir pour tous », explique cet héritier de Martin Luther King, qui a toujours lutté pour les droits civiques et contre la guerre, notamment celle du Viêt Nam. Tous les bénéfices de cette chanson seront reversés à Feeding America, l’équivalent des Restos du Cœur outre-Atlantique.

Stevie Marvel profite d’ailleurs de cette uncommon prise de parole pour rappeler qu’il faut porter un masque pour se protéger du virus. Lui-même est une personne à risques. Mais du fond de son jardin californien, assis dans un grand fauteuil en osier, il se veut rassurant et confiant dix mois après sa greffe : « Je me sens bien, ma voix est géniale. Je dis à ma fille Aisha : Je vais avoir cinq ans de moins que toi. J’ai l’impression d’avoir quarante ans en ce second. »



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