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Au tout début du mois de janvier 2020, en préambule d’une année marquée chez l’éditeur par plusieurs oeuvres abordant la situation féminine dans nos sociétés, Akata lançait un titre fort: En proie au silence, une série nous ayant permis d’enfin découvrir en langue française la mangaka Akane Torikai. En abordant de entrance et sans tabous son sujet, la série, après four tomes sur un whole de 8, s’est d’ores et déjà imposée comme une oeuvre importante, encore plus dans la période actuelle, et le désir d’approfondir notre connaissance de la bibliographie de Torikai était forcément présent. Fidèle aux mangakas qu’il déniche, l’éditeur, en ce mois d’octobre, suggest de répondre en partie à notre attente en publiant You have Gotta Love Tune, un recueil d’histoires courtes sorti au Japon en 2015 chez Kôdansha, et se composant de quatre brefs récits qui furent initialement prépubliés dans le journal Be Love, journal également bien connu pour accueillir l’oeuvre à succès Chihayafuru entre autres.

Alors que son mari s’applique à répondre à ses besoins matériels et aux doable attentes d’une vie de famille classique, une mère au lobby ne semble aucunement être heureuse malgré tout, et s’interroge sur ce qui est en practice de lui échapper… Est-ce vraiment la vie qu’elle voulait ?
Une lycéenne, qui n’a aucune envie de rentrer chez elle, croise à un arrêt de bus un camarade de classe qui lui plaît et qui, avec son énorme sac, semble sur le level de fuguer. Quand celui-ci lui proposera de partir avec lui, que fera-t-elle ?
Au bord du lac d’un parc appelé le Parc des Cygnes, un homme marié retrouve son ancienne amante, alors que celle-ci est enceinte de lui. Les retrouvailles semblent assez posées, mais qu’en est-il réellement ?
Après une longue séparation, un dwelling recroise la route de son ancienne amante. A l’époque, celle-ci, plus vieille que lui et mariée, cherchait à fuir la réalité. Les retrouvailles, dans un contexte bien différent de l’époque où ils étaient ensemble, se passeront-elles bien pour tous les deux, et le dégoût de l’homme pour le crépuscule s’estompera-t-il ?

Tels sont les pitchs de base de ces quatre brèves histoires, qui ont toute leur contexte spécifique et leur petit développement, mais qui jouent tous un peu sur les mêmes créneaux: le sentiment de passer à côté de sa vie, et les choses gâchées. Tandis que les adolescents de la deuxième histoire en prennent conscience dès leur jeunesse et tentent d’y remédier through leur désir de fugue, les adultes des trois autres récits s’en rendent sans doute compte trop tard. On a ainsi une mère au lobby en plein questionnement, tandis que pour les deux {couples} des deux dernières histoires il est déjà trop tard… Cependant, ces deux {couples} adultères ont chacun une façon bien à eux d’y répondre, qui découlent surtout des choix de la femme: si celui de l’amante de la troisième histoire se veut radical voire choquant en cristallisant bien son état d’esprit, celui de la femme mariée du dernier récit semble se vouloir plus apaisé.

Mais dans tous les cas, ce qui frappe le plus reste bien la manière dont Torikai distille, par certains points, des thèmes qui lui sont chers autour de la situation féminine. A ce titre, ce sont vraiment les premier et troisième récits qui marquent le plus. La femme au lobby de la première histoire a un époux tâchant de répondre à ses attentes matérielles ainsi qu’un enfant cute, mais semble profondément prisonnière d’un sure “idéal” familial que la société have a tendency à imposer naturellement, emprisonnement qui se ressent encore plus au travers de certains petits comportements (inconsciemment ?) patriarcaux du mari. Avec, à la clé, une impossibilité de s’épanouir réellement et de s’émanciper librement. Quant à la troisième histoire, elle frappe through l’acte que finit par commettre la femme face à son ancien amant, et cristallise à merveille un regard inversé de notre société, où bien souvent on a tendance à blâmer l’amante bien plus que l’homme adultère. Les deux autres récits restent néanmoins assez intéressants sur ce factors eux aussi: tandis que dans la deuxième histoire on a une adolescente ressentant en elle le désir balbutiant de liberté et de prendre le contrôle de son existence, dans le dernier récit c’est surtout à travers l’homme que l’on apprend à découvrir les quelques tourments de la femme mariée.

Ce qui résulte également de tout ceci, c’est un fort spleen présent dans chacune des histoire, une ambiance très douce-amère qu’Akane Torikai sait vraiment bien porter. Et puisque l’on parle à présent de son type, soulignons l’efficacité de sa narration, entre des textes posés et réalistes ponctués de quelques fortes pointes de cynisme (selected que l’on retrouve dans En proie au silence), et un bouleversement brut à souhait intervenant dans la dernière ligne droite de chacun des récits (exception faite du dernier, vraiment plus posé).

Il a beau être court docket avec ses seulement 130 pages (en exceptant quelques croquis bonus), You have Gotta Love Tune s’avère donc être un recueil de qualité, passionnant à décortiquer, et qui révèlera sans doute encore d’autres qualités avec une deuxième relecture, certains points étant largement propices à l’interprétation. Après avoir proposé son oeuvre emblématique En proie au silence, le choix d’Akata d’approfondir notre découverte d’Akane Torikai through un recueil s’avère vraiment pertinent, tant cela nous ouvre à bien d’autres qualités de l’autrice, tout en nous laissant voire une fidélité à ses sujets de prédilection.

Quant à l’édition française, elle s’avère vraiment soignée. Assez proche de l’originalité japonaise, la jaquette de Clémence Aresu apparel l’oeil avec ses couleurs pop et sa silhouette féminine un brin badass. A l’intérieur, le papier est assez épais malgré une très légère transparence, l’impression est très bonne, la traduction de Gaëlle Ruel est impeccable, et le lettrage d’Erwan Charlès est convaincant. Soulignons aussi les petites postfaces offertes par la mangaka pour chacun des quatre récits.

Akane Torikai est une autrice dont l’arrivée en France, en janvier 2020, fut remarquée. Présentée par les éditions Akata comme une mangaka dont l’œuvre profondément féministe et engagée lui a valu une certaine reconnaissance, En Proie au Silence a confirmé la selected par son ton particulièrement violent, et ses réflexions qui résonnent avec notre société contemporaine. Ainsi, l’annonce de la parution de You have Gotta Love Tune, recueil d’histoires courtes paru au Japon en 2015, était une très bonne nouvelle. Automobile le format permet à un auteur d’aborder différentes idées à travers des histoires variées. Et pour une artiste comme Akane Torikai qui a des choses à dire sur le monde qui l’entoure, et des thématiques à aborder, le format semblait propice.

Ainsi, l’ouvrage se compose de quatre récits. Dans “Et si j’essayais de vivre ?”, Akane Torikai dresse le quotidien monotone et les réflexions d’Akari, une mère de famille qui ne trouve plus l’enthousiasme des débuts de la vie de famille. Malgré les efforts de son mari pour honorer ses désirs matériels, et le fait qu’elle ait un cute fils, rien n’y fait. Dans “La fugueuse”, Mikami est une lycéenne qui aimerait ne pas rentrer chez elle le soir. Lorsqu’elle croise Oshikawa, un camarade qui ne la laisse pas indifférente, sur le level de fuguer, l’envie de l’accompagner se fait présente. Dans “Le parc des cygnes”, un homme marié retrouve momentanément son ancienne maîtresse, enceinte de lui. La femme, qui se examine à un cygne, a une dernière confession à lui faire. Enfin “You have gotta love track” narre les tourments d’un homme épris d’une femme déjà mariée. Sa haine du crépuscule s’évaporera lorsqu’il la retrouvera, dans un contexte différent.

On le remarque bien vite à la lecture de ce recueil, un fil rouge information chacun des quatre récits écrits et dessinés par Akane Torikai : L’amour. Mais pas la relation amoureuse mielleuse, idéalisée dans moult récit. Au contraire, ce qui intéresse l’artiste est la mélancolie que peut amener ce sentiment, à travers plusieurs cas de determine possibles. Ainsi, des individus mariés comme des amants mais aussi une lycéenne sont au centre des messages développés par l’ouvrage. En terme d’ambiance, cela génère une lecture plutôt douce-amère, jamais inutilement dramatique, mais qui profère quelques élans de tristesse calme qui ont de quoi happer en cette période de début d’automne, propice à ce style d’atmosphère. Rien que pour l’aura d’ensemble, You have gotta love track interpelle, séduit et fait voyager vers des horizons amoureux particuliers.

Évidemment, puisqu’on connaît un minimal la mangaka grâce à son titre En Proie au Silence, les messages véhiculés derrière chaque histoire sont nombreux. Certains sont évidents et en part avec les pensées de l’artiste, notamment avec le premier récit qui narre toute l’ambiguïté de la vie d’une femme, dans une vie qu’on lui dicterait « parfaite ». Rien n’est aussi easy, une belle maison ne suffit pas à raviver une flamme, et les tourments d’un individus peuvent être plus complexes que ça. Dans ce même ordre d’idées, la densité d’une relation adultère est abordée à deux reprises, mais de manière plus incisive dans la troisième histoire que la mangaka cherche à rendre choquante par sa mise en scène. Dans une société où on blâmerait davantage l’amante que l’infidèle, le court docket récit sonne comme un petit cri de colère, à travers le portait d’une femme manipulée, en colère, et qui présente sa « vengeance », dans un sure sens.

Dans l’esprit purement thématique du titre, l’histoire sur la fugue des deux lycéens semble un peu à half, mais permet d’aborder une autre facette de la complexité de l’humain : Celle de l’adolescence. Une période qu’on a tendance à enjoliver, mais durant laquelle chacun peut exprimer ses troubles. Le récit capte davantage par son atmosphère, un peu comme le dernier chapitre, celui qui donne au one-shot son titre, presque onirique et qui pousse le lecteur à l’interprétation. Des optiques différentes qui, à leur manière, abordent la query du Temps : Celle de la jeunesse, mais aussi celle du futur, toujours en mouvement et imprévisible.

Alors, Akata ne s’y est pas trompé en nous proposant, en guise de deuxième approche de l’œuvre d’Akane Torikai, ce recueil d’histoires courtes. Prenant par son atmosphère, saisissant par sa représentation des tourments amoureux et garnis de petits messages fidèles à la pensée de l’autrice, You have Gotta Love Tune est une lecture aussi prenante qu’intéressante, peut-être même poignante par second, avec certains niveaux de lecture qui imposeront une relecture de certains récits, afin de les comprendre pleinement.

La chronique de l’ouvrage s’étant basé sur une épreuve numérique fournie par l’éditeur, nous ne fournirons pas d’avis sur la qualité de l’édition.



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