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Les mains dégoulinantes de gel hydroalcoolique et de sueur d’espoir, le service tradition de Libé a feuilleté pour vous ce qu’il reste des programmes de salles en ces temps contrariés.

Cabaret Le Secret 

A la Scène nationale de Reims le 14 novembre, au Loft du Père Lachaise (Paris) le 20 et 21 novembre au Générateur (Gentilly) le 5 décembre.

Depuis janvier 2019, Jérôme Marin alias Monsieur Ok (ancien directeur artistique de Chez Madame Arthur) suggest un rendez-vous mensuel cabaret à Paris où il invite créatures travesties et chimères chantantes à nous bercer entre leurs bras suants et pailletés. Mis à l’arrêt par la pandémie de Covid-19, le Secret et ses performeurs ne demandent qu’à fouler à nouveau du boudoir, entre reprises de chansons du répertoire français le plus gouailleur aux rêves d’effeuillages les plus fous, tout cela pour enchanter vos nuits.

Catarina et la beauté de tuer des fascistes de Tiago Rodrigues

Au théâtre Garonne (Toulouse) du Three au 7 novembre, au Trident (Cherbourg) les 12 et 13 novembre, au théâtre des Bouffes du Nord dans le cadre du Pageant d’automne (Paris) du 26 novembre au 18 décembre.

Outre la reprise de Sopro et By Coronary heart, Tiago Rodrigues sera de passage en France pour la création de Catarina et la beauté de tuer des fascistes, dernière pièce de ce génie portugais. Où remark, dans la douceur d’une maison familiale, une jeune fille se rebelle et se refuse à exercer un ceremony qui a lieu chaque année : tuer un fasciste, pour venger Catarina Eufémia, icône de la résistance assassinée le 19 mai 1954 lors d’une grève. Une interrogation sur la vengeance et sa légitimité, la culpabilité à vie, mais aussi sur les formes du fascisme aujourd’hui.

Mes frères de Pascal Rambert ms. Arthur Nauzyciel

Au théâtre de la Colline (Paris) du 25 septembre au 21 octobre, au Théâtre nationwide de Bretagne (Rennes) du 10 au 21 novembre.

La distribution claque. Marie-Sophie Ferdane est la seule femme entourée d’Adama Diop, Pascal Greggory, Arthur Nauzyciel, Frédéric Pierrot en alternance avec Guillaume Costanza. La seule femme, donc, servante parmi quatre frères bûcherons confrontés à un désir qui vire à l’obsession. Nul doute que cette histoire de confinement dans une petite maison en forêt résonnera autant avec l’actualité immédiate qu’avec des contes ancestraux. On est curieux de la manière dont Arthur Nauzyciel va s’emparer de l’écriture lyrique de Pascal Rambert qui, pour la première fois, ne met pas en scène lui-même sa nouvelle pièce.

Boule à Neige de Mohamed El Khatib et Patrick Boucheron 

A la Comédie de Saint-Etienne du 13 au 17 octobre, au Grand T (Nantes) du 29 octobre au 5 novembre, à la Villette dans le cadre du Pageant d’automne (Paris) du 15 au 29 décembre.

Il fallait y penser et l’idée est plus qu’attrayante : regarder le monde à travers une boule à neige. S’emparer de l’objet kitsch par excellence pour dévoiler tous les récits de ces confettis scintillants. S’agit-il de faire l’histoire de cet objet ou celle de notre affection ou dégoût pour ce cadeau qu’on a offert, qu’on collectionne, dont on ne sait que faire ? Le Pageant d’automne à Paris rend cette année un bel hommage à Mohamed El Khatib en reprenant en même temps la Dispute – pièce conçue et jouée par des enfants – et le si poignant et percutant C’est la vie, avec Fanny Catel et Daniel Kenigsberg, qu’il faut continuer à voir tant que c’est encore attainable, puisque la pièce dépend entièrement de la disponibilité des deux interprètes et ne peut être reprise par d’autres acteurs.

Les Merveilles de Clédat et Petitpierre

au théâtre de la Cité internationale (Paris) les 5, 6 et 7 novembre, au Lieu distinctive (Nantes) les 17 et 18 novembre, à la Villette (Paris) les 24, 25 et 26 novembre.

Monstres hybrides et buissons vivants n’ont plus de secrets and techniques pour eux. Les metteurs en scène et plasticiens Clédat et Petitpierre reviennent avec une création intitulée les Merveilles, emplie de créatures fantasmagoriques qui émaillent l’imaginaire médiéval. Blemmyes, Sciapodes et Panotii vont se distinguer sur scène comme les figures perturbées de récits plastiques et oniriques. Ce sera l’event d’apprendre remark d’immenses oreilles peuvent servir à s’envelopper de sommeil, ou remark un trop grand pied peut finir en pare-soleil.

 de Baro d’Evel Cirk Espaces pluriels (Pau) du 22 au 24 septembre, au Théâtre 71 (Malakoff) du 30 septembre au 3 octobre.

Falaise au théâtre du Nord (Lille) du 27 novembre au 1er décembre et en tournée.

On les avait quittés juste avant le confinement au bord de la Falaise, à la MC93 de Bobigny. Huit mois plus tard, revoici l’attachante troupe catalane tout terrain (cirque, musique, danse) menée par Camille Decourtye et Blaï Mateu, qui associe les animaux à ses acrobaties dans un cadre tantôt dépouillé (, création 2018 pour «deux humains et un corbeau»), tantôt grandiloquent (le théâtral Falaise, qui intègre un cheval et des pigeons à ses réflexions «existentielles»).

Olympicorama de Frédéric Ferrer saison 3, épreuve 6. Le 30 septembre à la Villette (Paris).

Champion de France (et précurseur) du idea de conférence-spectacle, désormais en vogue, Frédéric Ferrer poursuit son Olympicorama, un projet au lengthy cours imaginé en préfiguration des Jeux olympiques de 2024 à Paris. Etalé sur six ans et sept saisons, 24 disciplines sportives sont ainsi amenées à être décortiqués sur un mode logorrhéique aussi instructif que poilant, au gré de séances uniques dans tous les sens du terme. Après le 100 mètres ou le saut en hauteur, place au marathon, avant, début 2021, le tennis de desk.

Le Temps de vivre de Camille Chamoux Théâtre du Petit Saint-Martin (Paris), jusqu’au 31 octobre.

Son premier spectacle, Née sous Giscard, avait fait forte impression (rien que le titre, déjà). Le second, l’Esprit de contradiction, un peu moins. Après de nombreuses apparitions cinématographiques, Camille Chamoux rempile avec le Temps de vivre, nouveau seul-en-scène saturé, imagine-t-on, des états d’âme nimbés d’autodérision d’une citadine ayant franchi le cap de la quarantaine. A noter que ses collègues et amis Camille Cottin (écriture) et Vincent Dedienne (mise en scène) sont de la partie.

OVTR (On va tout rendre) de Gaëlle Bourges

A Tandem, Scène nationale Douai, le 5 et 6 novembre, puis à Vélizy-Villacoublay, Paris, Cherbourg-en-Cotentin, Toulouse…

En 2017, on pénétrait sur fond de Radiohead dans une fresque du Sienne médiéval, œuvre d’artwork du peintre Ambrogio Lorenzetti pour résister à la tyrannie. Cette fois, Gaëlle Bourges, adepte des grands écarts et des jeux de pistes historiques, nous ramène au début du XIXe siècle assister au pillage du Parthénon par l’ambassadeur anglais Lord Elgin. Sur scène, six danseurs incarnent les cariatides, statues de femmes soutenant le portique du temple d’Erechtheion. L’une d’entre elles est toujours au British Museum. Qu’est-ce qu’on attend pour la rendre ?

Mount Common de Julian Hetzel 

Au competition Actoral (Marseille) les 8 et 9 octobre.

Le Sale Discours de David Wahl

Au Théâtre de la Poudrerie (Sevran) le 9 octobre, puis à Niort, Quimper, Saint-Raphaël…

L’heure n’est pas à la saleté. Surtout en temps d’épidémie mondiale où le postillon d’un voisin de tablée peut être synonyme de contagion. Deux spectacles, la nouvelle création du metteur en scène et plasticien allemand Julian Hetzel et la causerie de l’auteur français David Wahl, convoquent sur scène ordures ménagères, déjections ou déchets radioactifs et invitent à déconstruire discours politiques hygiénistes et idées de pureté. Automobile, au fond, un postillon, c’est toujours moins sale que la air pollution.

Cascade de Meg Stuart

Aux Amandiers (Nanterre) du 12 au 18 novembre dans le cadre du Pageant d’automne.

Généralement, ça déménage, ça claque et ça tempête sur les plateaux de Meg Stuart, qui est réputée pour aimer les états limites et les effets d’épuisement (par des programs ou répétitions). Cascade, sur le papier, n’a toujours rien du lengthy fleuve tranquille et se déverse par effets domino, réactions en chaîne et bordel en cascade. Chouette.

Une cérémonie du Raoul Collectif 

Au théâtre Benoît XII (Avignon) du 28 au 31 octobre, au théâtre de la Bastille (Paris) du 26 novembre au 19 décembre.

C’est pour nous la meilleure nouvelle de la «Semaine d’artwork» que le competition d’Avignon a réussi à programmer cet automne : le retour, avec une nouvelle création visiblement impitchable, des acteurs du Raoul Collectif, sortes de Don Quichotte belges qu’on avait laissés avec leur hilarant pastiche d’émission culturelle ambiance ORTF, riche en pulls col roulé en lycra et en tentatives abracadabrantesques de résistance au capitalisme médiatique.

 Encore plus, partout, tout le temps de l’Avantage du Doute 

Au Théâtre de Nîmes les 17 et 18 novembre, puis à Foix, Rungis, Lyon, Nantes, Paris…

Ce soir, c’est côtes de bœuf à volonté ! Mais remark dire à ses hôtes qu’au vu de l’effondrement de notre civilisation, on est devenu végétarien ? Et à son fils, persuadé que le réchauffement climatique va plonger la planète dans une nouvelle ère volcanique, qu’il ne faut pas voler au supermarché ? Dans sa nouvelle création, le collectif autogéré et engagé de cinq comédiens l’Avantage du doute, dont fait partie Judith Davis, la réalisatrice de Tout ce qu’il me reste de la révolution, proceed à interroger (avec on l’think about toujours autant d’autodérision), engagement politique et vie quotidienne, sous le soleil de l’anthropocène.

De la Sexualité des orchidées de Sofia Teillet

A l’Etoile du Nord (Paris) les 6 et 7 novembre, au Carré Colonnes (Bordeaux) en décembre, puis au CENTQUATRE (Paris) en février.

«Remark le pollen passe du sexe masculin au sexe féminin ?» nous demande sur scène la comédienne Sofia Teillet. Et remark est-on passé d’anecdotes rigolotes de jeune stand-uppeuse douée à ce petit bijou de conférence scientifique totalement frappé, hyper bien écrit, mené par une comédienne qu’on aimerait voir triompher cet automne, sous la bannière de ce collectif belge qu’on aime beaucoup, l’Amicale de manufacturing ?

LOVETRAIN2020 d’Emmanuel Gat 

Au competition Montpellier Danse du Three au 5 octobre, à Chaillot, Théâtre nationwide de la danse (Paris), en mars. 

Une «comédie musicale» contemporaine pour 14 danseurs, sur les fantastiques tubes du duo anglais des années 80 Tears for Fears (Mad World, Shout, Everyone Needs to Rule the World, Change, Sowing the Seeds of Love, and so forth.), non pas signée par Luc Plamondon mais par ce chorégraphe israélien installé en France, Emmanuel Gat, dont on aime la façon élégante de chorégraphier la foule, ses flux, son magma.

Pépites de Marion Mezadorian

Au Level-Virgule (Paris) jusqu’au 26 décembre.

Si le nez de Marion Mezadorian eût été plus courtroom… Arménienne d’origine, la comédienne met rapidement à l’aise avec des blagues sur son pif, «son héritage nationwide». Elle parle avec l’accent des cigales (celui de son village de naissance en Provence), et l’on n’est guère surpris d’apprendre qu’elle est fan d’Elie Kakou, avec qui elle partage une même sensibilité de portraitiste. Son spectacle s’appelle Pépites et son autrice porte sur elle une aura de chansonnière de cabaret que l’on ne s’explique pas. Elle ne chante pas, mais badine, avec une forme de swing tout à fait doux, qui rend tout à fait gai. 

La Traviata de Verdi

A l’Auditorium de Bordeaux, jusqu’au 27 septembre.

Une Traviata avec disposition scénique adaptée ouvre la saison de l’Opéra de Bordeaux. Coproduction fastueuse créée à Toulouse en 2018, ici dirigée par Paul Daniel, la mise en scène de Pierre Rambert se pose en mode Covid à l’Auditorium. Mais la grâce vocale de Benjamin Bernheim (Alfredo) et de Rachel Willis-Sørensen, dans sa prise de rôle de Violeta, fera oublier tous les masques. Rappelons qu’elle meurt toujours de la tuberculose à la fin.

Le Bourgeois gentilhomme de Lully

A l’Opéra-Comique, du 28 septembre au 8 octobre. 

Après le report de la Carmen interprétée par l’orchestre de Shanghai, puis après avoir patienté avec la Petite Balade aux enfers de Valérie Lesort, l’Opéra-Comique rouvre sur un clin d’œil du vieux monde : le Bourgeois gentilhomme, mis en scène par son ancien directeur, Jérôme Deschamps. La comédie ballet pétaradante de Molière et de son meilleur ennemi Jean-Baptiste Lully sera dirigée par Marc Minkowski avec ses Musiciens du Louvre. Le choix du ballet le Malade imaginaire du tandem Molière-Charpentier aurait-il assoupli les mesures sanitaires ? 

 

 

 





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